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Bordeaux en surchauffe, un budget qui mise sur les bébés, et 236 sites Engie qui changent de mains

Des acheteurs bordelais qui choisissent désormais leur logement au thermomètre, un PTZ « Parentalité » jusqu'à 180 000 € dans le budget 2027, et 236 anciens sites d'Engie rachetés par un spécialiste des friches. L'essentiel en cinq minutes.

MARCHÉ

Bordeaux : sept jours à 40 °C, et les acheteurs changent de critères

La rue Sainte-Catherine à Bordeaux, rue piétonne commerçante bordée d'immeubles en pierre claire, en plein été.
Ardfern · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0

Pendant trente ans, une exposition nord était un défaut qu'on avouait à voix basse. À Bordeaux, après l'été 2026, c'est devenu un argument de vente.

Le thermomètre a dépassé 40 °C à sept reprises à Bordeaux cet été, avec plusieurs épisodes de vigilance rouge canicule en Gironde. En visite, les acheteurs demandent désormais quelle température atteint le salon en juillet et si l'air peut traverser la nuit. Résultat : les derniers étages mansardés plein sud se vendent plus lentement et se négocient plus dur, tandis que les appartements traversants, avec volets extérieurs ou murs en pierre épais, reprennent de la valeur. Les échoppes bordelaises à persiennes d'origine redeviennent, sur ce point précis, plus modernes que bien des résidences des années 2000.

Les chiffres clés

  • 7 jours au-dessus de 40 °C à Bordeaux pendant l'été 2026
  • ~4 400 €/m², le prix moyen à Bordeaux, près de 10 % sous son niveau d'il y a cinq ans
  • 4 à 5 °C d'écart en fin de journée entre une rue minérale et un quartier arboré

Avec des prix déjà en recul d'environ 10 % en cinq ans, l'acheteur a retrouvé de la marge et l'utilise sur les défauts thermiques. La carte bouge aussi : la rive droite (La Bastide, Queyries) et Bordeaux Lac, plus verts et plus aérés, attirent des acheteurs qui n'y regardaient pas avant. Côté travaux, attention : bien isolé pour l'hiver ne veut pas dire bien isolé pour l'été. La fibre de bois retarde le passage de la chaleur d'une dizaine d'heures, la laine de verre d'environ quatre à cinq heures. Cette différence, c'est celle entre dormir et compter les moutons en sueur.

Pour rappel : le DPE donne aussi une appréciation du confort d'été, séparée de l'étiquette énergie. Elle reste indicative : un logement classé B pour le chauffage peut être une étuve en juillet.

En clair : si vous achetez dans le Sud, visitez à 17 h plutôt qu'à midi et demandez la température atteinte cet été. Si vous vendez, les travaux déjà faits se récupèrent dans le prix ; ceux qui restent à faire se paient deux fois.

BUDGET 2027

Budget 2027 : un PTZ pour les jeunes parents, des APL gelées

La façade à colonnes du Palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, à Paris.
DXR · Wikimedia Commons · Domaine public

Dans un budget qui cherche 54 milliards d'économies, le logement s'en sort avec une nouveauté : un prêt à taux zéro réservé aux familles qui s'agrandissent. La natalité comme politique du logement, il fallait y penser.

D'abord, le principe. Un PTZ (prêt à taux zéro) est un prêt sans intérêts, accordé par votre banque mais financé par l'État, qui compense les intérêts à sa place. Il ne finance pas tout l'achat : il vient en complément du crédit immobilier classique, pour réduire la somme empruntée au taux du marché. Il est soumis à des conditions de revenus, et son remboursement peut être différé de plusieurs années pour les ménages les plus modestes. Aujourd'hui, il est réservé aux primo-accédants.

Le projet de loi de finances 2027 en ajoute un second : le PTZ « Parentalité », confirmé le 20 septembre par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun. Il pourrait être demandé dès la grossesse et jusqu'aux 3 ans de l'enfant, dans le neuf comme dans l'ancien, et, grande différence, même si l'on est déjà propriétaire. Montant : jusqu'à 180 000 € pour un foyer de cinq personnes en zone A ou A bis (Paris et proche couronne), jusqu'à 50 % de l'opération pour les ménages modestes, sur 15 à 25 ans. Il serait cumulable avec le PTZ classique, lui-même prolongé au-delà de 2027.

Les chiffres clés

  • 180 000 €, le montant maximal envisagé du PTZ Parentalité en zone A ou A bis
  • ~100 M€, le coût annuel estimé du nouveau dispositif pour l'État
  • 0 %, la revalorisation prévue des APL en 2027 : elles seraient gelées

La contrepartie : les APL ne seraient pas revalorisées en 2027. Pas de baisse nominale, mais une aide qui perdra du poids face aux loyers. Le texte prévoit aussi de faciliter temporairement les donations familiales et de reconduire 500 M€ pour le logement social. Précision utile : faire un enfant pour décrocher un T3 reste une stratégie patrimoniale que nous ne recommandons pas. Et surtout, rien n'est encore voté : le gel des APL avait déjà été retiré par le Parlement l'an dernier.

Pour rappel : le PTZ classique est ouvert aux personnes qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale depuis deux ans. Son montant dépend des revenus, de la taille du foyer et de la zone : plus le marché est tendu (A bis, A, B1...), plus le plafond est élevé.

En clair : pour une famille qui veut passer d'un T2 à un T3 en région parisienne, le montage apport familial + PTZ classique + PTZ Parentalité + crédit bancaire pourrait réduire nettement la part empruntée au prix fort. À préparer, mais pas à signer avant le vote définitif.

TRANSACTION

Engie cède 236 sites à un consortium spécialiste des friches

Un site industriel d'Engie, rue Ampère à Rillieux-la-Pape, avec sa cheminée et ses bâtiments techniques.
Benoît Prieur · Wikimedia Commons · CC0 (domaine public)

Racheter d'anciennes usines à gaz est d'ordinaire une mauvaise idée. Sauf quand c'est littéral, que le foncier se raréfie et que l'on s'appelle Brownfields.

Annoncé début septembre au SIBCA, le deal porte sur le portefeuille « Terra Nova » d'Engie : 236 actifs répartis dans toute la France, soit environ 194 hectares de foncier et 355 000 m² bâtis, issus en partie de l'ancien patrimoine de Gaz de France. L'acheteur est un consortium mené par Brownfields, spécialiste de la reconversion de friches, avec Bouygues Immobilier et DMD Invest. L'opération prend la forme d'un share deal, pour un montant non communiqué. Selon leur profil, les sites seront reconvertis (logements, activités), revendus après dépollution ou continueront d'être exploités.

Les chiffres clés

  • 236 actifs immobiliers cédés par Engie, répartis sur tout le territoire
  • ~194 ha de foncier, et environ 355 000 m² de surfaces bâties
  • 20 250 friches recensées en France par le Cerema au 1er juillet 2026

Le timing n'a rien d'un hasard. Le Cerema vient de recenser 20 250 friches (61 000 hectares localisés). Avec l'objectif de zéro artificialisation nette, bâtir sur des terres agricoles devient de plus en plus difficile : le foncier « déjà abîmé » devient une matière première.

Pour rappel : dans un share deal, l'acheteur ne rachète pas les immeubles un par un mais les titres de la société qui les détient. Plus rapide pour 236 actifs, et nettement moins de droits de mutation qu'un achat direct.

En clair : pendant que le bureau parisien se dispute à prix d'or, une autre classe d'actifs monte : le foncier à recycler. Moins glamour, plus long à valoriser (dépollution, permis), mais c'est là que se trouvera une bonne partie des futurs terrains à bâtir.

Comment ces données sont collectées et vérifiées : Sources et méthode.