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Le crédit tient, Paris ralentit et les loyers restent encadrés un an de plus.

Cette semaine, le crédit confirme sa stabilité malgré des écarts régionaux, le marché parisien encaisse un des semestres les plus faibles de la décennie, et l’encadrement des loyers est reconduit pour un an de plus. Voici ce qu’on en retient.

Crédit immobilier

Le crédit tient, mais pas de la même façon partout en France

concept immobilier avec argent, clés et maisons miniatures
Maria Ziegler · Unsplash · Unsplash License

Au 18 août 2026, les taux moyens de crédit immobilier s’établissent autour de 3,19 % sur 15 ans, 3,31 % sur 20 ans et 3,42 % sur 25 ans, un niveau stable depuis deux mois consécutifs. Plus de 99 % des prêts accordés en France restent à taux fixe, une singularité qui protège les emprunteurs français des à-coups que connaissent d’autres pays européens.

Cette stabilité s’explique par un contexte monétaire apaisé côté BCE et par une concurrence toujours vive entre réseaux bancaires pour reconquérir des parts de marché après deux années de production de crédit en berne. À l’échelle européenne, la France reste l’un des pays les moins chers, avec un taux moyen de 3,22 % contre 3,85 % en Allemagne, même si l’Espagne fait encore mieux avec 2,82 %.

La vraie nuance se joue au niveau régional : les taux pratiqués en Île-de-France tournent autour de 3,12 %, contre 3,21 % en Nouvelle-Aquitaine. Sur un prêt de 300 000 euros, cet écart représente plusieurs milliers d’euros sur la durée totale du crédit, un montant loin d’être négligeable une fois cumulé sur 20 ou 25 ans.

Pour un investisseur, ça change concrètement l’approche du financement : se fier uniquement au taux national moyen affiché dans la presse revient à ignorer un vrai levier de négociation. Le bon réflexe reste de mettre plusieurs banques régionales en concurrence, pas seulement les grands réseaux nationaux, avant de signer.

Marché parisien

Paris vend moins, mais pas partout au même prix

façade d'immeuble haussmannien, nombreuses fenêtres
Pavel Abramiankou · Unsplash · Unsplash License

Le premier semestre 2026 est en train de devenir l’un des plus faibles de la décennie pour Paris intra-muros, avec environ un quart de transactions en moins sur les cinq premiers mois. Le prix moyen s’établit à 9 809 euros le mètre carré, en baisse de 4,8 % sur deux ans.

Ce ralentissement du volume s’explique en partie par la hausse des droits de mutation à 5 % entrée en vigueur en avril 2025, qui alourdit directement le coût d’entrée pour les acheteurs, et par un marché parisien qui reste structurellement cher même quand les taux de crédit se détendent ailleurs en France.

Le chiffre moyen cache pourtant deux marchés très différents. Dans le 19e arrondissement, on est autour de 7 800 euros le mètre carré, contre plus de 14 200 euros dans le 6e. Cet écart n’est pas nouveau, mais il se creuse dans un marché à faible volume, ce qui veut dire que les biens les plus recherchés continuent de bien se vendre tandis que les arrondissements périphériques encaissent l’essentiel du ralentissement.

Pour un investisseur, ça veut dire qu’il faut arrêter de raisonner sur la moyenne parisienne et regarder arrondissement par arrondissement. Un bien situé dans une zone où le volume tient encore mieux qu’ailleurs reste un pari plus solide qu’un achat basé uniquement sur la tendance globale de la capitale.

Location

Les loyers restent encadrés un an de plus, et ça change la donne à la relocation

vue depuis un balcon dans un quartier parisien
Fiona Murray-deGraaff · Unsplash · Unsplash License

Par un décret publié le 20 juillet 2026 et applicable depuis le 1er août, le mécanisme d’encadrement de l’évolution des loyers est prolongé jusqu’au 31 juillet 2027 dans toutes les communes classées en zone tendue.

Concrètement, un propriétaire ne peut toujours pas fixer librement le loyer d’un nouveau locataire : il doit repartir du dernier loyer payé par l’ancien occupant, avec une revalorisation limitée et des dérogations strictement documentées, par exemple en cas de travaux importants réalisés entre les deux baux.

C’est une règle à ne pas confondre avec l’encadrement du niveau des loyers, en vigueur dans certaines villes comme Paris, Bordeaux ou Montpellier, qui fixe cette fois un plafond au mètre carré par arrêté préfectoral. Les deux règles se cumulent parfois sans que les propriétaires s’en rendent compte.

Pour un investisseur qui achète aujourd’hui un bien occupé ou qui prévoit une relocation rapide, ça mérite d’être intégré dès le calcul de rentabilité, et pas découvert au moment de remettre le bien en location.

Comment ces données sont collectées et vérifiées : Sources et méthode.