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Sept candidats, trois villes en baisse et un État qui se loue à lui-même
Cette semaine : pendant que sept candidats à la présidentielle se tiraient poliment dans les pattes devant le Medef, Bordeaux, Lyon et Nantes dessoûlaient doucement d'une décennie de hausse, et l'État découvrait qu'il pouvait, techniquement, se facturer un loyer à lui-même ! On vous raconte comment, ce que ça change concrètement, et pourquoi ce n'est pas aussi ennuyeux que ça en a l'air. Chiffres précis, textes exacts : rien que du concret.
Politique du logement
Le logement débarque (enfin) dans la campagne présidentielle
Le 27 août, sept candidats à la présidentielle se sont écharpés pendant trois heures devant le Medef. Sur le court central de Roland Garros, s'il vous plaît, pas dans un plateau télé poussiéreux ! Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Jean Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier : tous alignés pour parler dette, retraites et, accessoirement, logement.
Le signal le plus intéressant n'est d'ailleurs pas venu d'un candidat en pleine tirade, mais du gouvernement, resté sagement en coulisses. En marge du débat, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a lâché que le budget 2027 allégerait, encore, la contribution des bailleurs sociaux.
Pour rappel : en décembre 2025, le Sénat avait déjà fait passer la réduction de loyer de solidarité de 1,3 milliard d'euros à 900 millions ; un geste jugé « sympa, mais pas suffisant » par une partie des bailleurs. Cette fois, Jeanbrun promet d'aller plus loin, sans dire combien : on ne va pas lui demander de gâcher le suspense budgétaire, tout de même.
Le hic ? Côté candidats, le logement est resté le sujet qu'on case entre deux punchlines sur la dette. Gabriel Attal a bien tenté, estimant qu'il a « pâti de mauvaises décisions » ces dernières années, une phrase qui, en vrai, marcherait pour à peu près tout depuis dix ans. Mais aucun des sept n'a sorti la moindre mesure chiffrée en trois heures de débat. Trois heures !
En clair : un exécutif qui desserre concrètement l'étau des bailleurs sociaux, et sept prétendants à l'Élysée qui promettent, sans encore préciser. Premier round d'une campagne qui s'annonce longue ; très longue.
Marché
Bordeaux, Lyon, Nantes : la gueule de bois
Après des années de hausse quasi ininterrompue, la fête est finie dans trois métropoles françaises. Selon l'Observatoire PAP, Bordeaux, Lyon et Nantes affichent toutes les trois des baisses confirmées sur un an, deux ans et cinq ans. Assez rare pour qu'on arrête de dire « simple ralentissement » : c'est une vraie correction, cash.
Bordeaux, la belle endormie devenue star Instagram entre 2015 et 2020, se réveille avec une méchante migraine : 4 334 €/m², moins 2,9 % sur un an, moins 9,2 % sur deux ans. Les vendeurs qui pensaient que la fête durerait toujours révisent leurs ambitions, un par un ; pas toujours de bonne grâce.
Lyon prend cher, c'est le cas de le dire : 4 509 €/m², moins 1,7 % sur un an, moins 8,9 % sur deux ans et jusqu'à moins 11,2 % sur cinq ans ! La ville avait vécu une envolée un peu hystérique pendant le Covid, portée par des Parisiens en quête d'air ; le petit délire collectif s'est calmé, depuis.
Nantes, elle, ne fait pas de crise de nerfs : 3 597 €/m², moins 1,3 % sur un an et moins 8,2 % sur deux ans, mais une baisse toute en régularité depuis mi 2023. Presque zen, comparée à ses copines.
Pour rappel : ce n'est pas la panique. Les acheteurs sont toujours là, par centaines dans chacune de ces villes. Le marché reprend juste ses esprits après trois ans de shot de tequila ! Pour ceux qui attendaient sagement leur tour, c'est peut-être le moment de ressortir la calculette.
Immobilier public
L'État va enfin se payer un loyer à lui-même
Promulguée le 18 août, une loi vient mettre de l'ordre chez l'un des colocs les plus bordéliques de France : l'État. Jusqu'ici, les ministères squattaient leurs bâtiments sans vraiment payer de charges, ni s'en occuper ; un peu comme ce coloc qui ne fait jamais la vaisselle parce que « techniquement, l'appart appartient à tout le monde ». La Cour des comptes en parle depuis des années, sans grand effet.
Place à l'EPIFE, l'Établissement Public Immobilier et Foncier de l'État, qui remplace l'actuelle Agence de gestion de l'immobilier de l'État. Ce nouvel organisme devient propriétaire des bâtiments publics, et les ministères qui les occupent devront désormais lui verser un loyer.
Oui, vous avez bien lu : l'État va se facturer un loyer à lui-même ! On a hâte de voir le premier ministère en retard de paiement, franchement.
L'EPIFE gérera, rénovera et valorisera ce patrimoine, avec la possibilité de céder certains biens en cours de route. Une première expérimentation démarre déjà en Normandie et dans le Nord. La bascule complète est prévue au plus tard pour le 1er janvier 2027, sur un parc de 97 millions de mètres carrés ! De quoi motiver un peu de ménage.
En clair : derrière le montage un peu technique, une idée toute bête, faire payer aux administrations le vrai coût de leurs murs, pour qu'elles arrêtent de laisser dormir des bureaux vides pendant que d'autres cherchent désespérément un local.
Comment ces données sont collectées et vérifiées : Sources et méthode.